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Ils courent …… Ils courent … nos suiveurs …

Rédacteur : Jacques Suspène

 

 

« A notre tour de les débusquer. »

 

 

Ils courent …… Ils courent … nos suiveurs …

 

 

Elles  courent … Elles courent … les gazelles bipèdes de la Stasi …

 

Parlons maintenant de nos « gazelles bipèdes ». Lors d’une « attente » à quelque distance d’un champ de tir Air-Sol, en bordure d’une immense clairière, la quiétude vigilante de l’équipage fut troublée après quelques heures d’attente par des bruits suspects aux alentours. Les sens en éveil firent détecter par l’équipage un véhicule venant de couper son moteur et une douce odeur de « Minol », l’essence de la RDA (voir l’épisode 3 sur l’incident de l’équipage du Commandant LEGENDRE) arriva à nos narines.  D’autres bruits suspects nous parvinrent de cette direction. Sur nos gardes, nous pensions aussitôt que des « méchants » venaient d’arriver en voiture. Le danger n’était pas immédiat, mais tout était mis en œuvre pour un départ malgré tout « rapide ».  Nous décidâmes cependant de ne pas bouger et dans un silence absolu, d’écouter, de localiser les intrus et si possible de les identifier. 

 

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Face à l’ennemi …tactique dite…de la « jumelle inversée »

 

(Si les sbires de MIELKE étaient parfois malins pour nous surprendre, nous avions aussi nos tactiques, dont les jumelles inversées…les jumelles vers l’objectif et nos yeux perçants et menaçants vers….l’ennemi insidieux..)

 

 

 

Ce ne fut pas très long pour voir la végétation, par cette journée sans vent, s’agiter à quelques centaines de mètres de nous. Nous étions bien cachés et la VGL, elle aussi assez bien camouflée, mais nos traces dans un grand champ cultivé étaient assez facilement détectables.

 

Deux individus apparurent à pied sortant des fourrés en suivant nos traces. D’autres compères devaient  probablement être restés près du véhicule.

 

 Nos deux « visiteurs » suivaient attentivement nos traces, courbés pour casser leurs silhouettes, eux aussi vigilants à tout bruit. Cependant, avant d’arriver à notre cachette nous avions fait un grand tour dans le champ avant de décider de revenir trouver une bonne cache en  lisière de bois. Donc si tout se passait bien, comme dans un film, nous devions à un moment donné être entre eux et leur voiture et à une petite centaine de mètres. Ce moment-là arriva... « Le bon œil d’Astérix était avec nous ». Souvent en regardant notre bel insigne (décrite dernièrement dans le Blog) je repense à ce petit symbole.

 

Nous embarquâmes dans notre VGL, sans fermer les portes, puis, moteur à fond, nous fonçâmes sur eux, pour une fois nous n’étions pas gibiers mais (gentils) chasseurs. Leur surprise fut totale. Cap sur eux, la course fut épique, ils tentaient de rejoindre leur voiture, mais  chaque fois notre chauffeur, brillamment, les en éloignait, ils sautaient tout en  courant pour enjamber les hautes herbes.

 

Désespérément, malgré leurs regards insistants et certainement leurs prières communistes, ils ne virent jamais durant cette « poursuite », ni leur voiture ni leur équipier, tentant de venir les récupérer.

 

Au bout d’un petit moment, de crainte que d’éventuels renforts ne leur arrivent, nous interrompîmes la poursuite tout en les gardant en visuel.  Notre moteur vrombissant toujours.

 

  Vu…ennemis détectés…. Et…… ils courent et courent…

 

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Et hop, nous aussi comme des fauves nous bondissions sur nos proies…fuyez fuyez méchants, le monde libre est à vos trousses…d’habitude lors de nos prospections c’était  plutôt l’inverse.

 

capture 135.jpg   …Nos « gazelles bipèdes » ...  capture 135.jpg

 

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(Qu’avait-il dans son sac : sa combinaison d’arrestation, d’autres appareils photos, de communication, dommage il ne l’a  pas lâché. Son compère, quant à lui, a du mal à accélérer avec son lourd équipement photographique).

 

 

Une esquive à gauche…une esquive à droite….pas facile de courir à en perdre sa chemise, avec un beau téléobjectif sous un bras surtout quand la VGL vrombit au ras des fesses. Il est vrai que la course dura un petit moment et que son copain dans sa voiture n’était pas pressé de venir récupérer ses équipiers… Dommage, nous ne voulions que les inviter  à un apéro champêtre.

 

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Nos « sprinters » enfin à l’arrêt, reprenaient leur souffle nous gardant eux aussi en visuel, de crainte probablement de notre retour. Puis lentement ils se dirigèrent vers le bois.

De loin  nous vîmes en lisière de bois une belle « Wartburg » se diriger vers eux et nos « deux gazelles bondissantes » y embarquer. Puis nous quittâmes  la zone.

 

 

 

    A d’autres occasions nous tentâmes des « interviews » mais rarement couronnées de succès.

 

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     Et pourtant nous étions de si sympathiques et pacifiques  représentants du monde capitaliste et impérialiste.

 

 

Nous n’étions cependant qu’à demi-satisfaits  de notre aventure. En effet, malgré nos procédures de sécurité nous avions été assez bien localisés. Tout en roulant vers un autre objectif lointain, après avoir calmé nos rires, nous analysions notre approche précédente pour tenter de savoir où nous avions fautés. De petites erreurs nous en avions commises ; mises bout à bout elles auraient pu, si nous avions été un jour d’activité aérienne, nous être fatales. Cela l’avait été lors de « ma première expérience avec les Spetsnaz » racontée dans un article antérieur dans notre Blog.

 

Mais pour cette sortie nous gardons en mémoire surtout nos rires et le sprint-marathon de nos « coulots ». Nous nous sommes aussi posé la question de savoir pourquoi cet équipage de la Stasi était intervenu à cet endroit, si proche de nous, mais si éloigné de nos points habituels d’observation.

 

Commentaires :

 

Ces remises en question, au fil de toutes nos sorties, forgeaient notre expérience de « Missionnaires » et nous démontraient combien la vigilance était de tous les instants obligatoire. Souvent malheureusement un petit relâchement se payait sur le champ. Chaque « Missionnaire » pourrait vous en donner des exemples, comme l’a fort bien décrit Claude, dans son article « Quand les méchants gagnent »  et  très récemment Daniel et son équipage, bien que localisés et observés par la Stasi, ont  échappé de justesse à un « blocage ».

 

                Heureusement des séries de telles aventures et d’autres gags nous permettaient de nous détendre et d’atténuer nos longues heures de tension et d’éveil maximum. Ces faits, rechargeaient vite nos « batteries » et participaient à créer entre nous tous une osmose et une solidarité remarquable.

 

                Cela nous était indispensable, car nos moments intenses de stress, voire plus, étaient fréquents :

 

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Désormais, nos franches retrouvailles sont à chaque occasion de formidables moments d’échanges de souvenirs, de rires mais aussi d’émotions…Vivement les prochaines.

 

 C’est un vif  plaisir aussi de vous faire partager ces fabuleux temps de notre MMFL sur ce Blog.

 

Jacques Suspène



19/02/2025
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